mercredi 18 juin 2008

Dino Ferrari-Fiat-Lancia par JP Gabriel



Jean-Pierre Gabriel, LE spécialiste français des Dino est l'auteur de nombreux livres. Le premier de la série est sorti dans la collection Grand Tourisme chez E.P.A. en 1984. Les 2 illustrations (Dino 206 GT speciale et Dino 206 Competizione) en sont issues. Voici quelques extraits:

"Les Fiat Dino étaient-elles--sont-elles--fiables? Le moteur lui-même, strictement identique par toutes ses pièces internes à celui du Dino Ferrari 206 GT (2000), 246 GT (2400), dont la puissance était de 15 chevaux supérieure grâce à des réglages particuliers d'allumage et carburation et un accord différent de l'échappement, ne souffrait que d'une faiblesse chronique de ses arbres à cames. Principalement sur le 2400. Fragiles aussi les soupapes creuses d'échappement qui avaient en certaines occasions tendance à "tomber" au grand désespoir des pistons et culasse correspondants. A surveiller encore le jeu de débattement des chaînes de distribution qui détestent les hauts régimes si elles sont trop peu tendues.
En définitive, pour se faire une idée de la résistance à la casse d'un V6 Dino, il suffit de se rappeler que le moteur de la Lancia Stratos Gr4, poussé à 280 chevaux, était "de série" en dehors des culasses et pistons spéciaux. Il était utilisé en rallye, sans aucun ménagement, à son régime de puissance, c'est à dire 8000 tr/mn. Le régime maxi autorisé était de 8500 tr/mn et il est bien connu que souvent le "mouchard" du compte-tours était bousculé par l'aiguille, bien au-delà ..."
(...)
"Les lignes qui suivent pourraient bien mécontenter quelques propriétaires de Dino (les vraies... les Ferrari!). La possibilité d'expression qui m'est offerte ici m'autorise un jugement qui sera sans nuance et catégorique: tant pis s'il déplaît. Le voici: j'aime mieux entendre un moteur Fiat Dino qu'un Ferrari Dino. Sur la Dino 206/246, le V6 est placé à l'arrière, au centre de la voiture. Il est entouré de l'habitacle, du coffre arrière et des deux grosses ailes. Enfoncé qu'il est au milieu de la caisse, il "respire" par un conduit qui prend l'air dans l'ouïe de portière gauche pour l'amener aux trois carburateurs, coiffés d'une volumineuse boîte à air (auparavant, cet air passera dans un gros filtre cylindrique, lui-même enfermé dans un boîtier indépendant, le tout communiquant par deux gros tuyaux). L'ensemble que je viens de décrire fait bien 1,2 mètre de long, et agit d'une part en chambre de tranquillisation d'air et surtout en silencieux d'admission. Lorsque l'on est à bas régime dans une 246, on entend le claquement rythmé de l'admission, depuis la place du conducteur. La qualité du son progresse avec la montée en régime, devenant intéressante vers les 5000 tr/mn et superbe au-delà des 60000 tr/mn.
Sur les Fiat Dino, le moteur est placé devant sous un léger capot (surtout pour le spider). Il respire par un énorme filtre à air plat (dans lequel sont pratiquées deux larges ouvertures) qui se trouve juste derrière le radiateur. Entre l'entrée et les carburateurs, 20 petits centimètres... Placé devant la calandre, l"auditeur" n'entend qu'eux, loin qu'il est des échappements... Se produit alors un phénomène inverse à celui des 206/246: le compartiment moteur et le filtre à air jouent un rôle d'amplificateur de son, de caisse de résonance. A peine est-il besoin de soulever le capot tant on est près du bruit de la Stratos (ceci empêche d'ailleurs toute possibilité de conversation suivie, sur un ton normal, si l'on dépasse le 80 en spider, capote ouverte ou fermée...). Le bruit de défilement des chaînes de distribution allié à celui des différents pignons internes forme un ensemble sonore réellement plaisant à entendre, et c'est un des attraits de ces voitures."
(...)
"Gérard Combrac, rédacteur en chef de Sport-Auto, se plaignit en ces termes dans un éditorial fort critique, que Lancia envisage sérieusement d'équiper un de ses modèles haut de gamme du V6 PRV: "Comment peut-on faire appel à un tel moteur au pays du 6 cylindres Dino Ferrari, auquel il suffirait d'une bonne gestion Motronic d'allumage alimentation pour être remis au goût du jour!"(Sport-Auto, octobre 1983). Pouvait-on lui rendre plus bel hommage..."